
« Encouragez les commerces locaux. »
Encourager.
Pourquoi faudrait-il encourager une entreprise québécoise?
Comme si on lui faisait une faveur.
Comme si acheter un produit fabriqué ici relevait de la générosité, d’un acte de bonté
C’est un acte conscient, un choix, acheter c’est voter, mais encourager… vraiment?
C’est peut-être parce que j’ai êté copropriétaire d’un atelier de couture, une expertise perdue au Québec ou parce que je possède des commerces locaux avec mes associées chez Minis Humains. Mais le mot encourager m’active. il est souvent utilisé maladroitement, sans volonté profonde de seulement encourager. Changeons notre vocabulaire par amour des commerces et créateurs d’ici!
Quand j’achète dans une entreprise québécoise, je ne fais pas un don.
Je prends une décision.
Je choisis dans quelle économie mon argent va travailler.
Parce que l’argent n’est jamais neutre.
Chaque dollar dépensé raconte une histoire.
Il peut partir enrichir une multinationale dont les profits quitteront le pays.
Ou il peut continuer de circuler ici, chez nous.
Il peut payer le salaire d’un employé québécois.
Il peut permettre à une entreprise de faire affaire avec un fournisseur d’ici.
Il peut financer un transporteur, un comptable, une agence marketing, un fabricant ou un imprimeur québécois.
Et ces entreprises feront exactement la même chose avec cet argent.
C’est ce que les économistes appellent l’effet multiplicateur.
Un même dollar peut créer de la richesse plusieurs fois avant de quitter notre économie.
Ce n’est pas une opinion.
C’est un phénomène économique reconnu, au point où le gouvernement du Québec utilise depuis plus de 50 ans le Modèle intersectoriel du Québec pour mesurer les retombées directes et indirectes des dépenses dans notre économie.
Et lorsqu’on regarde les chiffres, on réalise rapidement que nos petits choix sont loin d’être insignifiants.
Une étude réalisée par AppEco, en collaboration avec le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie du Québec, démontre que si chaque ménage québécois consacrait seulement 25 $ de plus par semaine à des produits fabriqués au Québec plutôt qu’à des produits importés, cela générerait chaque année :
• Plus de 3 milliards de dollars de retombées économiques.
• Près de 29 000 emplois soutenus partout au Québec.
• Environ 180 millions de dollars en revenus supplémentaires pour les gouvernements.
• Près de 120 000 tonnes de CO₂ évitées grâce à une diminution des importations et du transport.
Vingt-cinq dollars.
Pas 250.
Pas 2 500.
Vingt-cinq dollars par semaine.
C’est vrai que certains produits sont plus dispendieux quand ils sont fabriqués ici. Bien sur. Un t-shirt qui coûte 15$ ce n’est pas normal. 1m de tissu coûte cela ici au minimum. Quand on paie un chandail à 25$ bien sur il est issu de la fast fashion. Le salaire minimum ici est à près de 17$ de l’heure et ce n’est qu’un salaire de base.
Il y a une tonne de trucs pour consommer local peu importe son budget:
- Acheter moins mais acheter mieux
- Acheter de seconde main
- Surveiller les ventes
- Acheter un produit produit à l’étranger d’un commerce local
- consommer les aliments de saison
Imaginez maintenant si, au lieu de voir ces achats comme une façon « d’encourager » une entreprise, nous les voyions comme un investissement collectif.
Parce qu’au fond, c’est exactement ce que c’est.
On investit dans des emplois.
On investit dans des entrepreneurs qui prennent des risques ici.
On investit dans des manufactures.
On investit dans des commerces qui embauchent nos voisins.
On investit dans des familles.
On investit dans des services publics grâce aux taxes qui restent ici.
Et non, cela ne veut pas dire qu’il faut tout acheter au Québec.
Ce n’est ni réaliste ni possible.
Mais chaque fois qu’un produit ou un service québécois répond à notre besoin, nous avons un choix.
Et ce choix est beaucoup plus important qu’on le pense.
J’entends parfois dire :
« J’encourage une petite entreprise. »
Non.
Vous ne l’encouragez pas.
Vous contribuez à bâtir une économie plus forte.
Vous faites vivre des emplois.
Vous participez à la vitalité de votre communauté.
Vous investissez dans le Québec.
Les mots ont un sens.
Et je crois sincèrement que celui qu’on utilise depuis des années est le mauvais.
Alors la prochaine fois qu’on vous dira :
« Encouragez l’achat local. »
Pensez-y deux secondes.
Vous n’encouragez personne.
Vous choisissez simplement où vous voulez que votre argent travaille.
Et ça, ce n’est pas un geste de générosité.
C’est probablement l’un des gestes économiques les plus puissants que chacun de nous puis


